sanctions prononcées
Contrôles CNIL et sanctions
Sanctions RGPD
Le risque est concret. La CNIL contrôle, met en demeure, prononce des injonctions et peut infliger des amendes d’un niveau très élevé. Il faut surtout comprendre ce qui expose réellement un site et ce qui doit être corrigé rapidement.
Les chiffres qui comptent vraiment
Les bilans officiels de la CNIL montrent une action répressive désormais installée, avec une montée très nette des sanctions et des mesures correctrices.
amendes cumulées
mises en demeure
rappels aux obligations légales
Évolution 2023 → 2025
Le nombre de sanctions est passé de 42 en 2023 à 87 en 2024, puis 83 en 2025. Le niveau d’amendes a fortement bondi en 2025.
| Année | Contrôles | Sanctions | Amendes cumulées | Mises en demeure | Rappels / avertissements |
|---|---|---|---|---|---|
| 2023 | 340 | 42 | 89 179 500 € | 168 | 33 rappels |
| 2024 | 321 | 87 | 55 212 400 € | 180 | 64 rappels |
| 2025 | n. d. dans le bilan sanctions | 83 | 486 839 500 € | 143 | 31 rappels + 2 avertissements |
Ce que la CNIL peut faire en pratique
La lecture utile d’une page sanctions n’est pas seulement le montant maximal de l’amende. Il faut comprendre toute la chaîne de pression réglementaire.
Contrôler
Contrôles sur place, en ligne, sur pièces ou sur audition. En 2024, la CNIL a conduit 321 contrôles.
Mettre en demeure
Demander une mise en conformité dans un délai donné, avec publicité possible selon la gravité des manquements.
Rappeler ou avertir
Utiliser des mesures correctrices plus légères lorsque la situation le permet, sans pour autant banaliser le risque.
Enjoindre sous astreinte
Ordonner des corrections précises, parfois avec astreinte financière en cas de retard ou de non-exécution.
Limiter un traitement
Limiter temporairement ou définitivement un traitement, suspendre des flux de données ou ordonner le respect des droits.
Sanctionner
Prononcer des amendes administratives effectives, proportionnées et dissuasives, avec publicité possible de la décision.
Décisions marquantes à garder en tête
Les décisions récentes montrent que les sujets les plus exposés restent les cookies et traceurs, la sécurité des données, les violations massives et, plus largement, l’écart entre le visible et la réalité technique.
GOOGLE et SHEIN
La CNIL a prononcé des amendes de 325 M€ et 150 M€ notamment pour le non-respect des règles sur les traceurs. Le message est clair : les cookies restent un terrain de sanction majeur.
NEXPUBLICA FRANCE
Amende de 1,7 M€ pour des mesures de sécurité insuffisantes sur un logiciel de gestion de la relation avec les usagers dans le secteur social.
FREE MOBILE et FREE
42 M€ d’amendes cumulées après une fuite massive de données et des insuffisances de sécurité jugées graves.
FRANCE TRAVAIL
Amende de 5 M€ et injonction après un incident majeur de sécurité touchant les données de personnes en recherche d’emploi.
Ce qui met un site en risque rapide
Les sanctions lourdes ne naissent pas d’un seul texte manquant. Elles se nourrissent d’un faisceau de faiblesses visibles, techniques et documentaires.
Le visible non conforme
- bandeau cookies trompeur ou incohérent ;
- formulaires trop gourmands ;
- informations lacunaires ou contradictoires ;
- absence de canal clair pour les droits.
La technique faible
- scripts tiers mal maîtrisés ;
- sécurité insuffisante ;
- gestion trop faible des accès et des incidents ;
- écart entre discours publié et fonctionnement réel.
La preuve absente
- pas de logique documentaire solide ;
- base légale mal qualifiée ;
- pas de trajectoire de correction démontrable ;
- réponse brouillonne en cas de contrôle ou de plainte.
Ce qu’un audit utile doit remettre à plat
L’enjeu n’est pas d’accumuler des textes. Il faut hiérarchiser le risque, corriger ce qui expose le plus, remettre la documentation en cohérence et stabiliser la méthode.
Lecture du risque visible
Ce qu’un visiteur, un concurrent, un journaliste ou la CNIL peuvent déjà constater sur le site.
Confrontation documentaire
Ce que disent réellement les pages publiées, les parcours de collecte, les traceurs et les documents internes ou contractuels.
Plan d’action priorisé
Corrections immédiates, corrections importantes, remédiations plus profondes et trajectoire démontrable en cas de contrôle.
La bonne réponse n’est pas d’attendre la première alerte sérieuse
Quand les défauts sont visibles, répétitifs ou mal documentés, la marge de manœuvre se réduit. Un audit bien mené permet surtout d’identifier ce qui expose le plus vite, puis de corriger dans le bon ordre.